HELIOS AZOULAY
ET

L'ENSEMBLE
DE
MUSIQUE INCIDENTALE





Compositions d'Hélios Azoulay

LES QUATRE SAISONS DE VIVALDI
- Poncif pour 13 instruments à cordes -

Reconnaissable entre tous, le thème du premier mouvement du Printemps des Quatre Saisons de Vivaldi représente un des exemples le plus total du lieu commun musical, identifiant à lui seul toute l’œuvre.
Ce thème est ici servi à satiété cependant que mesure après mesure, mouvement aprés mouvement, les tempi et nuances de la pièce de Vivaldi sont scrupuleusement respectés.
La volonté d’agir en plein lumière, d’écrire une œuvre identifiable et de donner à chaque mouvement une forme pure et simple, me fit utiliser des méthodes de répétitions, de superpositions, de coloriage et d’inversions, inspirées de l’œuvre picturale d’Andy Warhol.
Cette composition peut être exécutée dans une version pour quintettes à cordes.


L’AIR DU TOREADOR DE CARMEN
- Poncif pour chant et piano -

Cette pièce se compose de 32 miniatures. La partie vocale de chacune d’entre elles est la retranscription fidèle de l’enregistrement de personnes à qui il a été demandé de chanter ce qu’elles connaissaient de « l’air du toréador de Carmen ».
Ainsi fausses notes, paroles approximatives, erreurs rythmiques et confusions diverses viennent se superposer à la partie d’accompagnement écrite par Bizet, qui elle reste inchangée.
Plus grande est la célébrité d’une oeuvre, plus fragmentaire en est sa connaissance.


L’INTEGRALE MOZART
- Poncif pour enregistrement -

En moins d’une minute la totalité de l’œuvre du célèbre compositeur !
Ce poncif offre donc l’unique occasion d’entendre enfin l’intégrale de l’œuvre de Mozart, tant il est certain que malgré l’enthousiasme apparent, personne ne fera jamais l’effort d’écouter les 626 compositions du génie autrichien.
Une œuvre pratique et terrible. 


CLAIRS DE LUNE
- Poncif pour piano -

Ce poncif a été composé pour le pianiste Siheng Song. Il consiste en un subtil collage de la sonate dite Au clair de lune de Beethoven et du célèbre Clair de Lune de Debussy, citant puis superposant un court extrait de chacune des deux oeuvres. La répétition de ce simple processus est accompagnée de subtils changements de couleurs.
Durant l’audition de Clairs de lune, Beethoven et Debussy disparaissent définitivement à la
faveur d’un ennui voluptueux où ne s’identifie rien d’autre que le cours du temps qui passe.


LA SCENE AVEC MICKEY DANS FANTASIA
- Poncif pour enregistrement -

La scène avec Mickey dans Fantasia est un montage de L’apprenti sorcier de Paul Dukas.
L’œuvre célébrissime est citée intégralement en un court et sensationnel crescendo puis decrescendo. Cette catastrophe sonore, loin de rendre méconnaissable la pièce de Dukas, fait au contraire entendre distinctement, bien que simultanément, toutes les parties de la composition originale.
De façon singulière le souffle pittoresque et mystérieux de L’apprenti sorcier demeure dans La scéne avec Mickey dans Fantasia.


INTRODUCTION A LA THEORIE DU COMBAT
- Pièce pour suprême Clairon -

« O, Suprême Clairon plein des strideurs étranges »
Arthur Rimbaud, Voyelles.

Le suprême Clairon est constitué d’une demi-clarinette ou de deux demi-clarinettes jouées simultanément.
Cette pièce consiste en des improvisations sur des modes de jeu prédéterminés issus d’un travail de recherche sur cet instrument.
Les différentes formulations littéraires viennent parapher ces modes de jeu :

Goutte d’O,

grain de sable.
berceuse du terroriste contrarié
palindrome de mes deux orient
bulles à retardement
Kriegspiel ( invention à deux voix )
aulos
suicide : mouvement à perpétuité
l’art de l’espionnage

Comparable à l’esprit du piano préparé de John Cage, le suprême Clairon propose à l’auditeur des sonorités complétement nouvelles où la clarinette devient méconnaissable.
Du fait de la grande part d’improvisation, la durée de cette œuvre peut varier considérablement.  


NIGHTMARE
- Solo pour clarinette et enregistrements -

Nightmare est la plus célèbre composition du clarinettiste de jazz Artie Shaw.
Trois versions que celui-ci a enregistrées avec son orchestre sont ici superposées. Les tempi, tous légèrement différents, et la répétition en boucle de chacune des versions créent une trame vouée à un décalage toujours croissant.
Aux chorus d’Artie Shaw entremêlés, s’ajoute la clarinette solo d’Hélios Azoulay.
Au sein de cette composition qui au fil du temps prend des allures labyrinthiques, se succèdent Berceuses, Appels, Citations, Lamentos ...
La trame en s’interrompant brusquement laisse place à une cadence de la clarinette qui mène droit à l’Impasse finale.
Malgré l’importante part d’improvisation du soliste et si la succession des mouvements peut varier d’une exécution à l’autre, ces derniers sont cependant précisément déterminés.


PORTE-BOUTEILLES

Cette œuvre est la forme musicale et sonore dictée par la structure du Porte-bouteilles de Marcel Duchamp.
Les différentes mesures prises sur le porte-bouteilles (distances entre les branches, circonférences) ont déterminé l’architecture musicale (fréquence des percussions, nuances, silence). Les impacts ont été effectués à l’aide d’une bouteille sur chacune des branches.
Cette pièce a été réalisée à partir d’un porte-bouteilles, issu de la collection de Michel Sanouillet, modèle original du ready-made de Marcel Duchamp.
Elle a été enregistrée au domicile de Michel Sanouillet, ami de Marcel Duchamp.
Le Porte-bouteilles est la première composition de la série L’oreille d’un sourd.
L’enregistrement original de cette pièce dure 1’53’’ mais son exécution peut consister soit en la simple audition en boucle ad libitum (comme c’est le cas sur le présent enregistrement), soit en son interprétation à l’aide d’un modèle du porte-bouteilles récemment acquis par le compositeur.